L’Imagerie a proposé du 7 janvier au 18 février 2006 un parcours dans l’œuvre d’Arièle Bonzon.
En montrant un choix de pièces dans des séries réalisées depuis 1985, et jusqu’à ses toutes dernières créations, cette exposition rendait ainsi hommage à une artiste dont l’expression très personnelle, l’originalité et la singularité en photographie sont largement reconnues.
Arièle Bonzon est née en 1955. Après un cursus « arts plastiques » en École des Beaux-Arts, où elle s’oriente vers la création associée aux techniques de l’image, reproduction, impression, elle débute vers 1980 sa recherche artistique liée à la photographie avec laquelle elle se découvre un lien profond, et qui s’avérera centrale dans son oeuvre.
Dès lors, elle questionne l’image photographique, son cadre et ses deux dimensions, dans « Travaux de papier »(1985/88), ainsi que son statut de preuve et sa mémoire d’enregistrement liée à l’inconscient : on se souvient d’« Archéologie Photographique Imaginaire » (1990), série d’objets photographiques, qui fut montrée à sa création dans des lieux dédiés à la mémoire, et depuis dans de nombreux musées ou institutions de par le monde. Cet ensemble de pièces était accompagné d’un faux Journal de fouilles, recueil de notes évoquant la fouille qu’est toute création.
Arièle Bonzon arpente encore certaines des spécificités du médium, notamment les questions de temps et d’espace… Elle visite la capacité poétique de la photographie, en souligne l’aspect littéraire, dans « Équinoxe d’automne » (1995) comme dans « Outreloin bleu » (1999), où elle travaille sur « l’espace et la vibration entre les choses. »
Depuis toujours également, Arièle Bonzon interroge les liens entretenus par la photographie avec la matière qui la fait exister. Elle considère en effet que l’image photographique est oeuvre
de l’esprit, attachée au réel qu’elle représente, mais aussi qu’elle se comprend dans sa matérialité, s’y confond même parfois, et que la magie photographique s’opère en divers états d’apparition de l’image.
On pense notamment à « Chère Absente : Fondations / Epiphanies » (1993), un cycle construit autour de la notion de présence/absence et dédié à la représentation du corps, celui de l’homme en croix des calvaires, et celui de la femme, empreinte inversée et mouvante. Série où la matière (granit, verre et plomb) et la chair des images ont failli l’emporter sur l’écriture « par la lumière » qu’est la photographie.
C’est d’ailleurs bien cette lumière qu’Arièle Bonzon a trouvée, ou retrouvée, dans ses derniers travaux : « Le Jeu de la vie » (2003/04). Polaroids et fleurs coupées s’y mesurent au décoratif, à la brillance, et au temps, ici inéluctable jusque dans la beauté.
Et très récemment « Passer. Désert aller retour ». Photographies de voyage, ces images évoquent le « passage » dans un paysage, celui du désert comme lieu physique et métaphore de vie. Vitesse et fixité au même point, les photographies sont visitées par la façon dont nos sens nous traduisent le monde. Cet état du regard se révèle dès la prise de vue et jusqu’au terme des choix techniques, faits par l’artiste, de texture et de support des images.Nous avons fait l’acquisition d’une oeuvre de la série « Désert ».