imagerie

Retour

19.10 - 19.12.1998

« Mes cents meilleures photos »
… et quelques autres

Erwin Blumenfeld

Carton de l’exposition d'Erwin Blumenfeld, ''Mes cents meilleures photos''...et quelques autres, 1998

Photographe de mode et de publicité, adulé dans les années 40-50 aux Etats-Unis, Erwin Blumenfeld est surtout connu pour avoir signé des centaines de couvertures et réalisé des milliers de photos pour les plus prestigieuses revues de l’époque (Vogue, Harper ‘s Bazaar, Look…). A la fin des années 50, de nouvelles exigences commerciales et l’arrivée de nouveaux photographes aux idées et aux approches différentes vont peu à peu éclipser la renommée d’Erwin Blumenfeld. Il se retire alors pour consacrer toute son énergie à la création d’une image de lui-même qu’il veut laisser à la postérité.

Cette image posthume repose sur l’écrit et le visuel. L’écrit avec la rédaction de son autobiographie, le visuel avec la sélection de ce qu’il considère être ses cent meilleures photographies.

Sa remarquable autobiographie « Jadis et Daguerre » sera publiée à titre posthume par les éditions Robert Laffont en 1975. Véritable catharsis où il se délivre de ses souvenirs d’enfance, règle ses comptes avec sa mère et le milieu juif bien-pensant du Berlin du début de siècle, il y exorcise aussi toutes les épreuves endurées dans cette Europe en pleine déliquescence qui le poussera à émigrer aux Etats-Unis en 1941. Dans cet ouvrage, il est peu question de photographie et pour compléter cette image de lui-même, il va sélectionner ses « cent meilleures images noir et blanc ».

Dans ce choix, on retrouve tous les thèmes qui ont été la matière même de son oeuvre : la Femme (son mystère, son érotisme, son essence) – véritable obsession – mais aussi la symbolique de la mort, du vieillissement ainsi que celle du temps qui passe.

Dans  Mes cent meilleures photos , Erwin Blumenfeld va confronter les images entre elles. Ne souhaitant pas donner un sens défini et définitif à chaque image , il les associe par paires. Ces diptyques ne reposent pas sur la complémentarité mais plutôt sur l’ambivalence des images opposées. Chaque image s’affirme par et pour elle-même, en même temps qu’elle renvoie nécessairement à l’autre et réciproquement. De ce va-et-vient du regard naît une troisième image, voire une suite d’autres toutes aussi insaisissables et mouvantes.

Dans les dernières années de sa vie, Erwin Blumenfeld (Berlin 1897 -Rome 1969) avait sélectionné ce qu’il considérait être ses cent meilleures photographies.
Cette série était destinée à l’édition mais ne paraîtra qu’à titre posthume aux éditions Benteli (Suisse) en 1979 puis en 1980 aux éditions Rizzoli de New-York. Ces deux éditions sont aujourd’hui épuisées.

C’est cet ensemble (augmenté de quelques tirages couleurs) qui est exposé à L’Imagerie dans la présentation imaginée par Blumenfeld (tirages par paires, sans cadre, format 24×37).

Exposition produite par le Théâtre de l’Agora, Scène Nationale/ Evry
avec le concours de Kathleen et Henry Blumenfeld.
Tirages modernes réalisés par l’atelier Philippe Salaün (noir et blanc) et
par le laboratoire Central Color (couleur).

Vues de l’exposition