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13.01 - 24.02.2007

L’Appartement :
Œuvres de la collection
du Frac Bretagne

Michel Aubry
Andrea Blum
Ronan Bouroullec
Pierre Buraglio
Jocelyn Cottencin
Noël Dolla
Hubert Duprat
Piero Gilardi
Hervé Le Nost
Lea Lublin
Didier Mencoboni
Objectal
Pascal Pinaud
Olivier Richon
Pascal Rivet
Alain Rivière
Elisa Sighicelli
Seton Smith
Stéphane Tesson
Lawwrence Weiner

Carton de l’exposition L'Appartement : Oeuvres de la collection du Frac Bretagne , 2007

Après Serial color au printemps dernier (coproduction ODDC des Côtes d’Armor) l’Imagerie accueille sous le titre L’Appartement des œuvres extraites des collections du Fonds Régional d’Art Contemporain de Bretagne. Celui-ci, basé à Chateaugiron en Ille et Vilaine, soutenu par le Conseil Régional de Bretagne et le Ministère de la Culture, a bâti depuis 20 ans une collection très importante où figurent peintures, installations, photographies…des ténors de l’art contemporain. Un ouvrage, Panoramas, récemment édité, donne en plus de 500 pages la mesure de ce fonds artistique. L’exposition de 2007 a proposé, à travers les créations très variées d’une vingtaine d’artistes, une approche ludique de cette collection.

Si visiter un appartement veut vouloir dire y pénétrer par effraction autant que l’intention de s’y loger, il y eut une époque où tenir appartement signifiait recevoir chez soi en vue d’un divertissement. Dans cet esprit, le public a été convié à entrer dans l’appartement de l’Imagerie pour y découvrir des pièces, celles de la collection du Frac Bretagne. Leur distribution relevait davantage d’analogies plaisantes avec celles d’une habitation que d’un rapprochement familial entre artistes. L’Imagerie est devenue le temps d’une exposition « l’appartement témoin » de la création contemporaine sous toutes ses formes, sculpture, peinture, installations, photographie ou vidéo.

 

L’invitation se fait naturellement par le couloir, celui de Lea Lublin dont la photographie intitulée précisément « La lentille – le couloir – la boîte à lettres secrètes », joue de l’ambiguité intérieur/extérieur.
L’œuvre de Michel Aubry, comme un tapis rapporté d’un lointain voyage, se déploie au sol pour accueillir le visiteur. De part et d’autre du tapis moulage, les chaises Axis de Lawrence Weiner, les « Porte-manteaux et vide-poches » de Ronan Bouroullec, la « Bibliothèque cabine » d’Andrea Blum désignent le hall d’entrée. Au fond, la « Marqueterie » d’Hubert Duprat est, à elle seule, une évocation de l’idée d’appartement. Puis, s’ouvre le cabinet de lecture d’un érudit préoccupé de citations et de symboles mis en scène par Olivier Richon avec « Iconologia », ou de mythologie avec « Porfido » de Piero Gilardi. Quant à Didier Mencoboni, il lui suffit d’étagères et de dix-huit petits tableaux pour envisager de nombreuses références à l’histoire de la peinture. En hôtes attentionnés, Stéphane Tesson et Hervé Le Nost ont dressé, l’un « Logis à l’autel », une table mise sobrement, surmontée de deux dessins tels des miroirs reflétant de minutieux préparatifs, l’autre une série de vingt-deux photographies, « Rhum », en hommage à Blaise Cendrars.

Plus loin, trois artistes s’emparent d’objets quotidiens pour en faire le matériau de leurs œuvres: Noël Dolla tord ou étend des serpillières, leur conférant l’apparence de sculptures. « Les Féeries aquatiques » d’Alain Rivière sont un moyen de transformer une occupation triviale – la vaisselle – en une ode humoristique à l’empirisme.
Objectal, dont le nom a dû déterminer l’objet fétiche, à moins que ce ne soit le contraire, signe avec un bol chacune de ses œuvres. Le lieu intime par excellence, celui du lit, représentation de tous les phantasmes, nous est révélé par « Bed », d’Elisa Sighicelli, « Caps and bed » de Seton Smith.
Leurs cadrages respectifs sont la porte entrouverte sur une chambre étrangère. « La Fenêtre » étroite et opaque de Pierre Buraglio permet de découvrir « Banc Praticable » de Jocelyn Cottencin qui devient là, comme installé dans une arrière-cour, non seulement un banc sur lequel se reposer mais un prétexte à atermoiement: demeurer entre ces murs ou bien s’en éloigner pour retrouver l’extérieur, se déplacer, ainsi que nous le suggère Pascal Rivet avec ses mobylettes, ou bien Pascal Pinaud avec « Rover contre Twingo », pour un temps seulement, avant de revenir à l’appartement. (D.R-G)

Vues de l’exposition