imagerie

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17.06 - 23.07.1989

L’Album, théâtre de l’oubli

Philippe-Gérard Dupuy
Jacky Guiet
Hélène Hourmat
Dominique Roux
Yves Rozet
Violaf
Natale Zoppis

Carton de l’exposition L’Album, théâtre de l’oubli, 1989

La photographie a un siècle et demi. Cent cinquante ans c’est à la fois peu et beaucoup. Beaucoup si l’on compare la durée à la vie d’un homme. Peu quand on mesure la place qu’occupe l’image dans notre monde aujourd’hui. Il aura suffi de quelques décennies pour que la photographie se hisse au rang d’art plastique majeur.

Pour célébrer cet anniversaire il convenait de ne pas avoir un regard passéiste, c’est pourquoi l’association «  Photographie Contemporaine en Bretagne »  a décidé de travailler avec des photographes contemporains en référence à la photographie ancienne.
Quatre villes du littoral, ayant depuis plusieurs années une expérience de l’animation autour de la photographie créative se sont réunies pour créer cet évènement-phare : Lannion, Lorient, Quimper et Saint-Malo démontrent ainsi que le tourisme culturel existe.

Un vaste mouvement international porte la photographie à la rencontre d’une audience élargie ; c’est pourquoi cette manifestation veut toucher le grand public de cette région, les universitaires locaux et nationaux, et les touristes si nombreux et si cosmopolites en Bretagne.
A l’image dynamique de notre région, à l’extrême pointe occidentale de l’Europe, la photographie prend en compte la richesse de son passé pour progresser dans son avenir, et s’affirmer comme l’art contemporain le plus à l’écoute de l’histoire des réalités.

Philippe Gerard Dupuy et Dominique Roux ont tous deux travaillé en « CONTREPOINT » sur la même collection de photos anciennes, le premier l’utilise pour contrecarrer l’absence de champs/contre-champs et hors champs en photographie.
Le second construit un roman photo familial dont la causticité épingle les usages domestiques et sentimentaux de la photographie.

Hélène Hourmat sort de son album, une double tradition années soixante, française et maghrébine, elle s’y projette ou en réinvente les grandes formes dans des mixtes qui ponctuent le passage du temps.
Jacky Guiet attaché à la couleur, réintègre dans la construction noir et blanc des éléments tirés du décor de l’album aussi bien que les informations réservées au verso des clichés, il rejoue le déplacement de la page tournée.

Yves Rozet confronte les traits du visage aux grandes masses colorées qui le (dé)composent, le visage masculin au portrait féminin, et chaque partenaire du couple à son portrait ancien sur les lieux de travail; autant de dichotomies en recherche d’une mémoire ouvrière.

Violaf approche la chambre photographique ancienne par la préciosité et la brillance de ses bois, il lui rend ses propriétés d’autel intime où l’image archaïque acquiert toute son aura d’icône potentielle.
Natale Zoppis intervient en tant que coloriste, à l’italienne, ses portraits en deux ou trois images assimilent le personnage à son décor quotidien, et les murs tapissés d’appartements délaissés aux pages de l’album entrouvert.